Discours de M Legall, Conseiller Culturel, Ambassade de France


C’est avec un plaisir non feint que je me retrouve parmi vous pour la deuxième année consécutive à l’occasion de la Journée de la Francophonie célébrée à l’université de Maurice grâce à l’engagement du Groupe de Recherche en Francophonie qui réunit des universitaires passionnés de langue française et de culture francophone.


L’édition 2003 de ce séminaire avait célébré la Francophonie mauricienne et les Actes de cette journée d’échanges et de débats sont le reflet de l’attachement des Mauriciens à la Francophonie puisque l’on sait que la langue française continue ici de progresser alors qu’ailleurs elle est souvent placée en situation de rude concurrence face à l’anglais.


En 1993 , Maurice avait été le siège d’un important sommet de la Francophonie et c’est une manière de bien mesurer ce qui unit votre pays à toute la communauté des états francophones, une union autour d’une langue mais également un lien étroit autour de valeurs partagées.


Alors que l’actualité internationale résonne de coups de tonnerre du terrorisme qui frappent sauvagement des innocents, en ces heures sombres où la tentation du repli sur soi-même peut exister, il convient de rappeler toute la pertinence d’une union pacifique autour d’une langue qui soit au service de la paix, de la démocratie et du dialogue entre les civilisations.


L’édition 2004 de ce séminaire sera consacrée au plurilinguisme et je crois sincèrement que les langues demeurent le seul outil qui permette de communiquer, c'est-à-dire de dialoguer et de se comprendre, que ce soit par écrit, oralement ou via le cyberespace.


Le plurilinguisme est donc une philosophie de paix car se préoccuper des langues, instruments de dialogue, c’est déjà commencer à répondre aux problèmes que posent l’intolérance et la violence.


Le monolinguisme, en revanche, est toujours très réducteur. Il ne permet de voir le monde qu’à travers le prisme forcément limité d’une seule langue, et il est, de surcroît, volontiers dominateur. Gardons-nous donc de ce piège pour rentrer dans l’ère du plurilinguisme bâti dans un cadre francophone ouvert sur les autres langues et civilisations.


Je crois sincèrement que la Francophonie sera demain le vecteur d’une vision de mondialisation apaisée et à la suite de Léopold Sedar Senghor, l’un de ses fondateurs, nous aspirons à une civilisation universelle qui pourrait permettre d’éviter les écueils d’une modernité perçue sous l’angle agressif des tensions politiques, militaires ou religieuses.


Je laisse le soin aux brillants chercheurs et intervenants présents ici ce matin de s’interroger sur les formules d’un équilibre à trouver entre langues maternelles, langues ‘de voisinages’ et langues internationales, dans le cadre de ce plurilinguisme au service de la paix auquel nous aspirons tous.


Que les actes qui seront produits à l’issue de cette journée soient le reflet de l’intensité des échanges et de la passion au service de la Francophonie qui animent chacun d’entre vous comme le sont les Actes du Colloque 2003 que je vous propose de lancer officiellement.