Introduction
L’histoire littéraire de l’Ile Maurice concerne pour l’essentiel les XIXe et XXe siècles. Ces époques sont riches en productions poétiques et romanesques; elles comportent aussi des récits de voyage, chroniques littéraires, contes et nouvelles. Sans dénier l’apport de Bernardin de Saint-Pierre avec son légendaire Paul et Virginie, de Paul-Jean Toulet et de Baudelaire dans la re-création d’une atmosphère de sensualité exotique et de paradis retrouvé ou menacé, nous voudrions rappeler la contribution trop souvent oubliée des conteurs du terroir. Cette tentative nous permettrait de nous ancrer dans un espace merveilleux, symbolique.
Il faut rétablir les faits historiques et sociologiques qui entourent la genèse du conte; par là, j’entends les cadres dans lesquels le conte se situe. L’histoire du conte ne peut être séparée de la colonisation. L’Ile de France, dont l’appellation change après la défaite en 1810 pour devenir Mauritius, revendique son appartenance française à travers une longue vie littéraire qui, loin de s’émousser, acquiert une dimension francophone, voire universelle.
A l’ère coloniale, l’activité littéraire en français ne se signale qu’à la fin du XVIIIe siècle. Une diffusion des écrits devient possible grâce aux sociétés d’écrivains et d’intellectuels, notamment Table Ovale à partir de 1803, ou encore la Société d’Emulation Intellectuelle vers la fin du XIXe. Des contes ont paru dans les revues de l’époque : Le soleil de juillet, Les roses de Noël et Le voleur mauricien.1 Vicram Ramharai a compilé dans L’Anthologie des contes et des nouvelles du XIXe siècle des récits d’une bonne panoplie de conteurs à l’Ile Maurice. Les contes de Charles Baissac ont été transcrits en créole par Goswami Sewtohul et republiés dans Zistoire Prince Sabour et Histoire des quatre cloches mais aussi par Baissac lui-même. Ce sont des contes d’animaux, des « contes à rire » dans la tradition des fabliaux, des contes populaires, des contes folkloriques. Ramharai souligne que « le conte au XIXe siècle rejoint la nouvelle dans sa conception. Les deux reposent souvent sur une transmission orale et sur un ancrage dans le réel. » Au XXe siècle, le Cercle littéraire de Port Louis (1914), le Cercle Rémy Ollier (1950) et surtout la Société des écrivains mauriciens, fondée en 1938 avec la création des Cahiers mauriciens sont des éléments catalyseurs pour la créativité littéraire. Dans une préface en 1939 des Cahiers Mauriciens, Paul Dumas mentionne déjà que la littérature mauricienne est en plein essor et a partie liée avec la poétique de l’interculturalité par « ce jeu d’influences réciproques entre le penseur et son milieu. »
Une des particularités des récits des conteurs de l’époque est la peinture de «cette société multicolore où co-existent, dans des contacts moraux quotidiens, dans un échange continuel de services offerts et acceptés, […], des groupes ethniques d’origines profondément différentes et lointaines, qui constituent la population mauricienne. »2
L’œuvre de Clément Charoux, Savinien Mérédac, Arthur Martial, Selmour Ahnee pour ne citer que des conteurs de renom – en témoigne. Par l’écriture, ils s’assument dans leur pluralité culturelle bien que dans le ton et la mise en forme, ils soient tributaires des modèles français. Des contes à foison au XXe siècle révèlent que le genre plaît et présente des variantes par rapport au modèle canonique. Les Contes de l’enfant Bihari de Cabon peignent les mœurs si attachantes du temps et épousent la thèse des signes populaires. Malcolm de Chazal donne une valeur allégorique à nos montagnes, eaux, pierres dans ces contes alors que J.G.Prosper allie l’imaginaire au merveilleux. Les Histoires à décrocher la lune de Maëva Poupard sont dans la même veine. Brigitte Nicolin a voulu faire rêver les enfants dans son recueil. Lilian Berthelot place les figures de l’échec au cœur de son recueil Les temps de marée noire. Comme pour rivaliser avec les auteurs francophones, le grand champ de la production des conteurs en langues hindi et anglaise dont Pahlad Ramsurrun, Abhimanyu Unnuth vient confirmer la diversité des pratiques d’écriture et des situations culturelles. Cette création en sa langue maternelle, ce désir de témoigner en son langage, «relève plus de l’ordre du poétique que de l’ordre de l’anthropologique » comme l’affirme Alain Ricard3.
En nous appuyant sur la philologie moderne qui tend à comprendre la conscience créatrice, nous voudrions dépasser la simple démarche historienne. Il s’agit de la « recherche de «l’esprit» d’un auteur […], cet esprit renvoyant à son tour la culture qui l’a nourri… » En fait, il nous faut comprendre que les formes de la narration de l’exotisme se situent « par rapport à ce complexe déterminant qu’est l’empire colonial » et par ailleurs que les formes liées à la poétique de l’oralité, la poétique de l’interculturalité réhabilitent la culture populaire et en même temps ont pour tâche de réveiller la mémoire, de comprendre nos mythes.
Les contes
Les contes nous servant de corpus sont ceux d’auteurs qui ne sont pas toujours lus ou tout simplement oubliés et également d’auteurs qui ont un certain succès de librairie. Nous avons répertorié une dizaine de contes de fée, merveilleux, fantastiques, plaisants, moraux et des contes d’animaux. Mais il a fallu, tout en tenant compte de ces formes différentes, trouver une nouvelle forme de catégorisation en vue d’illustrer la conscience linguistique et la conscience créatrice qui est notre objectif. La première grille sera explicative à cet effet :
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Contes fantasmatiques (combinant le rêve, le merveilleux, l’au-delà) |
Contes moraux(édifiants, dirigés vers une morale finale) |
Contes miroirs(reflétant la réalité) |
L’immortel(C.Charoux) |
Maria(J.Valbert) |
La zélatrice(Stylet) |
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Les sirènes de Morne Plage (M. de Chazal) |
Le lièvre et la tortue au bord du bassin du roi (C.Baissac) |
Bonhomme David(S.Mérédac)
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Le Morne(J.G Prosper) |
Conte de Noël(A.Martial) |
La chanson hindoue(A.Beejadhur) |
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Tizan Gâteau-Moutaille ( N.Benoît ) |
Dans le grenier(Maritsou) Le Père Baptiste ( S.Bhuckory) |
Le montreur de singe (M.Cabon) |
Présentation succincte des nouvelles du corpus :
L’immortel de Clément Charoux – Un centenaire, Jean Legaloubier, refuse de se marier et de vieillir : « Il était aussi vert qu’à trente ans. » Une nuit, suivie d’autres, il a la visite d’une extraordinaire fille « aux cheveux de soleil » qu’il rejette comme une « fille de Satan. » Mais il finira par y succomber…
Les sirènes de Morne Plage de Malcolm de Chazal – Un pêcheur, qui s’est amouraché de la mer jusqu’à s’en approprier jalousement va vivre une merveilleuse expérience loin de son quotidien. Une voix le guide « Je te suis Alen, je te suis Alen […] » dans son voyage au-delà de la passe. C’est la voix de la «fée du Morne» qui fut noyée.
Le Morne de Jean-Georges Prosper – Au flanc de la petite montagne, les morts récréent encore l’ambiance du séga. Un miracle va s’y produire. Mina, une fillette imprudente, est sauvée par un génie du Morne au moment même où elle faillit être écrasée par « une grosse vague. »
Maria de Jean Valbert – Fille d’un négociant ruiné et malade, Maria séjourne à Baie du Tombeau. Le fils de leur hôte est follement épris de Maria qu’il imagine en rêve être « la reine, la fée bienfaisante, l’ange tutélaire » de son coin charmant à la campagne. Les pères de famille s’offensent de cette idylle.
Le lièvre et la tortue au bord du bassin du roi de Charles Baissac – Un lièvre malicieux s’amuse à « troubler l’eau du bassin. » Le roi n’a pu prendre son bain pendant sept jours. Une tortue propose de piéger le coupable. Son astuce lui réussit et le roi aura droit à un bon cari.
Conte de Noël d’Arthur Martial – Pierre, jeune médecin revenu de Paris, dont l’élégance rivalise avec le pédantisme ; désormais il a oublié son passé. Un passé tout plein de la personne de Mlle Suzanne qui avait attendu Pierre toutes ces années. Quand Pierre souffre d’une crise nostalgique et se repent c’est trop tard : « Et tout est fini de l’ancien amour. »
Dans le grenier de Maritsou – La maison de tous les espoirs et des mille attentes est à vendre. Marie-France y a vécu son premier et unique amour. Elle approche le gardien pour lui dire d’enlever la plaque de vente. La belle aventure se poursuit car « la maison avait retrouvé sa princesse. »
La zélatrice de Stylet – « Bonne femme Fifine » vit seule à « Trou Chenille. » Jeune déjà, elle a rempli son devoir en respectant la promesse de mariage paternelle « On n’offense à aucun prix un mort. » Par ses petits mensonges, elle grandit dans l’estime du curé de Chamarel. Elle a la mission de christianiser « les gens frustes » moyennant « des subsides.»
Bonhomme David de Savinien Mérédac – Les jours sont pénibles pour Bonhomme David qui vient de perdre sa femme Phémie et va revivre « ces quinze derniers jours d’angoisse. » Il repasse en mémoire sa vie avec ses hauts et ses bas et surtout le cauchemar de l’enterrement. S’il a lutté pour avoir « un cercueil de Singapour, un des derniers qui restassent » pour Phémie, lui-même n’aurait droit ni à la veillée mortuaire ni au cercueil…
La chanson hindoue d’Aunauth Beejadhur – L’amour du maître d’école pour Hélène n’a pas pu se cristalliser. Le fantôme du fiancé mort, « tombé au champ d’honneur », plane sur la vie d’Hélène. Le non qu’elle donne à toute avance trouve sa réponse dans la chanson hindoue…
Le montreur de singe de Marcel Cabon – Un village perdu est traversé par des aventuriers. Après le « joueur de flûte » c’est un « montreur de singe » qui va épater l’oncle Souklal. En l’absence de sa femme, Souklal accueille le montreur de singe et se débauche. La « ravissante petite guenon » fait le tour du village et profite à l’oncle. Le retour subit de la tante change tout.
Le Père Baptiste de Somdath Bhuckory- Un retraité fort respecté dans son quartier mène sa petite vie de solitaire. Mais il vit dans une hantise perpétuelle de manquer d’argent, de manquer de nourriture. Aussi va-t-il cultiver « chaque fraction de pouce de terrain » de son jardin pour se réconforter. Donc pas question de le déranger…
13. Tizan Gâteau-Moutaille est un enfant chanceux. Il passe tout son temps sur l’arbre « chargé de gâteaux moutailles » et en mange autant qu’il veut. Une sorcière le dupe et l’enferme dans son sac. Cette « chair humaine, tendre et délicieuse » fera un excellent repas. La chance sourit toujours à Tizan.
La conscience linguistique
« Servir les lettres », telle est l’expression utilisée par Clément Charoux qui revendiquait la place des intellectuels mauriciens en 1939. L’élite éprise des belles lettres pratique tous les genres -poésie, roman, théâtre, contes et nouvelles dans la tradition esthétique de l’allégeance. Souvent c’est une écriture de mimétisme. L’on ne peut s’empêcher de penser à La Fontaine en lisant les contes d’animaux de Baissac d’autant qu’on retrouve la même morale cocasse ou cruelle. La voix qui raconte tisse un lien avec un lointain parent de la plume ! Par la présence de Compère lièvre, de Madame la tortue ou encore du méchant loup. Charles Baissac se dit rapporteur des récits en créole, qu’il traduit à son tour en français, pour instruire et rafraîchir la mémoire des vestiges du passé. Le conteur devient sujet épistémique, c’est-à-dire porteur d’un ensemble culturel de connaissances et de représentations de la réalité mauricienne. Par exemple, le roi ne veut aucune transgression à ses désirs et caprices comme se baigner dans une eau qui ne soit pas souillée par qui que ce soit. Maria de Jean Valbert confirme cette thèse d’imitation. L’ami poète qui épanche son cœur puise dans la célèbre ode de Ronsard – « Mignonne, allons voir si la rose. » La mémoire latente explique le jeu d’échos et de renvois, la trace d’un autre texte. C’est dans un style déclamatoire que le jeune amoureux évoque sa passion pour Maria : « Maria m’aimait ! Maria consentirait à être ma femme ! Son cœur était à moi, ses pensées étaient pour moi, sa vie pouvait être liée à la mienne pour toujours. O joie ineffable ! O ivresse indescriptible ! »
Arthur Martial adhère aux normes langagières en épousant le bon usage français et la belle rhétorique tout en se moquant légèrement du pédantisme à la mode dans les salons parisiens. Dans Conte de Noël, les réminiscences légitiment l’amour de Paris. Pierre est lourd de souvenirs qui l’empêchent de retrouver ses anciens repères : « Un mois s’écoulait à peine depuis son retour et déjà la nostalgie de Paris commençait à le travailler. D’ailleurs, rien ne l’avait ému assez profondément, rien n’était capable de dissiper le vertige tenace que lui avaient laissé cinq années de séjour dans la capitale de l’art et du plaisir. »
Le champ littéraire mauricien constitue un apanage prestigieux de la tradition exotique. Au XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle la veine exotique des contes de Charoux, Mérédac et de Stylet fait une vive impression. Les images de l’ailleurs dont regorgent leurs récits transforment l’île en un véritable décor exotique propre à charmer le lecteur parisien ou francophone. La botanique est différente, les mœurs sont étonnantes. Où se passe la promenade du centenaire Legaloubier chaque soir ? Dans un paysage sauvage où les espèces végétales rares « sapin, raphia, latanier » se mêlent à une roche cristalline. La riche palette de Charoux réussit un merveilleux amalgame de fantastique et d’exotisme en décrivant le parcours de son personnage :
« une soixantaine de cases éparpillées au creux des rochers, dans les failles du granit, sur le rebord de promontoires surplombant des abîmes de mille mètres. Des pièces brutes grossièrement équarries, des bordés de sapin détournés des derniers éléments de la forêt voisine ou bien pour les plus pauvres, le cloisonnement de raphia et de latanier. »
Le relief exotique est très frappant chez Mérédac. Le témoignage documentaire qu’il propose des « pauvres bougres » rend assez imprécises les frontières entre le conte et la nouvelle. Que le conteur veuille livrer un document sur un quartier désert de Port Louis n’efface pas pour autant les caractéristiques des pays lointains avec des « harems… encore plus clos que de coutume. » Plus l’on suit Bonhomme David dans son pénible parcours plus l’on est curieux de découvrir cet espace mort parce que tout est fermé : « petites épiceries et grands bureaux, hôtels, fumeries d’opium, maisons de jeux. » Stylet accorde une place considérable à la couleur locale dans La zélatrice. Le rituel des « huit jours du mort » semble sorti d’un ailleurs étrange. L’enterrement du père de Fifine est précédé de veillées bruyantes, de chants et de danses « au clair de lune. » Le lecteur peu habitué à la pantomime noire ne cacherait pas sa surprise. Le mythe du mort est suprême en Afrique noire. L’ambiance exaltante des temps primitifs qui est recréée est celle d’une transe :
« Bébert ivre… improvisa un couplet de circonstance. Il le débita, en s’accompagnant du tambour de basque et en se trémoussant, soulignant de contorsions, sur le rythme de séga, ses paroles complimenteuses. »
La création comme signe d’une conscience linguistique et comme symbole culturel évolue peu à peu vers un nouveau type de narration. Il s’agit là d’une approche que l’on retrouve chez Cabon et qui s’intègre parfaitement dans un espace pluriculturel. Michel Maffesote dans son article Imaginaire et plurialité souligne « l’esprit du temps, ou Zeitgeist, ambiance d’une époque » comme « condition de toute vie sociale. » Dans le Montreur de singe Cabon a su restituer cette ambiance de mœurs grivoises dans un langage savoureux.
Aventurier dans l’âme, le montreur de singe « un prénommé Manilal » va corrompre l’oncle, « la marmaille. » L’oncle Souklal fête le « tonton-montreur », c’est son fétiche. La contagion des paroles et des gestes finit par gagner le village entier. Le quotidien s’en trouve transformé. Les boutiques symbolisent l’unité communautaire parce que le samedi soir y convergent les habitués et de nouveau sont rassemblés autour de Manilal et sa guenon « la marchande de pistaches, le barbier, le marchand de bazar, » la marmaille et même « l’élite du village. » Les rêves chimériques de l’oncle Souklal deviennent réalités. L’hospitalité sacrée dans la culture indienne et transposée dans les mœurs villageoises est évoquée avec beaucoup de justesse. Le spectacle « devant la boutique de Longaille » est un autre aspect de la culture insulaire.
Dans le cadre des contes merveilleux l’on retrouve la féerie insulaire. Nous sommes loin des montagnes enneigées, des cavernes d’Ali Baba, des « champs de blé tout dorés » qui peuplent les contes de Perrault, d’Andersen ou des frères Grimm. Il appartient au conteur mauricien d’avoir une conscience poétique des mythes des montagnes, des rochers ou des arbres qui sont venus d’ailleurs mais enrichis par le pluriculturalisme mauricien. Jean-Georges Prosper donne au conte sa dimension du merveilleux en évoquant le bon génie du « Morne. » La dichotomie Bien/Mal, Prudence/Transgression, Mort/Vie est présente mais comme dans les contes, tout est bien qui finit bien. Mina n’est ni écrasée ni emportée par la « grosse vague. » Les Sirènes du Morne Plage de Malcolm de Chazal s’impose comme un conte « fantasmatique». C’est dire que tous les rêves, tous les fantasmes, toutes les hallucinations ne sont ni des frivolités ni des folies. L’expérience d’Allen qui « était un grand enfant, car il était poète » en est concluante. Les fées, les sirènes sont universelles. Allen a été conquis par « la fée du Morne. »
Conclusion
Le conte est un genre souple. D’une époque à une autre il s’est investi de toutes les poétiques de l’exotisme, du fantastique, du merveilleux et de l’interculturalité pour convenir à une élite, pour charmer un public cosmopolite ou alors pour révéler son génie propre.
1Ramharai Vicram. Anthologie des contes et nouvelles, Edition les Mascareignes, 2000.
22 Dumas Paul. Cahiers mauriciens, Edition des écrivains mauriciens, The General Printing & Stationery Co. Ltd., 1939.
3Alain Ricard est chargé de cours au département d'anthropologie de l'Université Victor Segalen (Bordeaux) et directeur de recherche au CNRS, où il a fondé le groupe de recherche sur les littératures de l'Afrique noire.