LA
CYBERFRANCOPHONIE
Vers un partage
des ressources
Distingués
invités
Mesdames
et messieurs,
Avant de
commencer, je voudrais vous souhaiter la bienvenue au nom du
Département de French Studies,
vous qui avez souhaité célébrer la
journée de la Francophonie à
l’Université de
Maurice. En effet, sachez que mes collègues et
moi-même sommes passionnés par
le thème d’aujourd’hui qui est la cyber-formation qui
regroupe aussi bien, l’E-Formation que
l’E-Apprentissage. Notre Département
considère la cyber-formation
comme un secteur
d’avenir et nous nous battons pour que les technologies de
l’information et de
la communication soient maîtrisées dans le but
d’en faire profiter nos
étudiants. Cela va faire déjà quelques
années que sous l’impulsion de quelques
visionnaires, notamment, le Prof. I. Fagoonee
que
l’Université de Maurice s’est investie
lourdement pour promouvoir les
technologies de l’information et de la communication (TIC).
Aujourd’hui, nous
avons sur le campus le VCILT et dans une autre mesure, le CITS qui
abattent un
énorme travail en intégrant les nouvelles
technologies éducatives (NTE) dans
les pratiques pédagogiques. Les résultats
sont :
Ceci
ne constitue qu’un exemple de notre
intérêt toujours
croissant dans les technologies de l’information et de la
communication (TIC).
Il est à noter que nous n’en sommes
qu’aux fondations d’un édifice
cybernétique
qui, nous l’espérons, permettra dans un futur
proche d’atteindre certains
objectifs que nous tenons à cœur :
Quand
en 1880, le géographe français, Onésime Reclus
invente le
terme « Francophonie »,
il va de soi qu’il est bien loin d’imaginer les
implications qu’aura ce mot
deux siècles plus tard. Si, à
l’époque, ce terme définit
l’ensemble des
personnes et des pays qui utilise le français dans le monde,
aujourd’hui, ce
sont des machines qui bien que guidées par
l’homme, vont s’exprimer dans cette
langue si chère à Molière. En 2005, on
peut, à coup sûr, parler de cyber-francophonie, un mouvement
qui n’a d’autre choix que
de réussir si les 50 états et gouvernements
rassemblés autour de cette langue
qui leur est commune veulent exister sur l’échelon
mondial. Car, ce serait une
grande erreur de se voiler la face quand il s’agit
d’examiner la relation qui
peut exister entre deux termes qui souvent, n’ont rien eu en
commun : les
TIC et la Francophonie. En effet, les technologies de
l’information et de la
communication (TIC) ont et sont toujours une menace pour la langue
française.
Pendant des années, les technologies liées au
monde de l’internet
et de la cyber-formation
ont pu être perçues comme
conduisant à l’hégémonie
d’une langue sur une autre. Si la France a tardé
à
réagir, le Québec a été
l’un des premiers lieux francophones à se jeter
corps
et âme dans la bataille. L’approche
québécoise qui est totalement soutenue par
les provinces anglophones vise l’adoption et
l’application des standards
relatifs aux nouvelles technologies éducatives (NTE) dans
une perspective qui
se veut originale et qui favorise la coopération
internationale.
Aujourd’hui,
l’objectif de l’approche
québécoise est sur la même longueur
d’onde que le thème abordé en cette
journée
de la Francophonie qui est la transformation des pratiques
pédagogiques et des
ressources éducatives en fonds pour la création
d’un héritage culturel. Les
gouvernements et les institutions ne doivent pas uniquement promouvoir
le
développement de ressources éducatives pour
l’enseignement et l’apprentissage
mais ils doivent aussi s’assurer que ces ressources seront
accessibles,
durables et réutilisables. En d’autres termes, les
communautés apprenantes de
même que les éducateurs doivent être
capables d’adapter l’information pour
leurs propres besoins, indépendamment de
l’environnement technologique dans
lequel ils se trouvent. C’est seulement dans cette
perspective que les
ressources pédagogiques et éducatives par le
biais des technologies de
l’information et de la communication (TIC) pourront
constituer ce fond à
travers lequel nous verrons l’élaboration
d’un héritage éducatif qui sera
enrichi par tout un chacun à travers la francophonie. En
pratique, nous nous
retrouvons avec un système qui œuvre pour
l’inclusion en favorisant le respect
de la diversité. Ainsi, une forme de dialogue est
établie et la créativité au
niveau des formes de communication et des pratiques
pédagogiques est
encouragée. Il est à noter que cette
stratégie est viable aussi bien dans le
court que dans le long terme. Cette dimension est
particulièrement importante
car un système éducatif incorporant
l’utilisation des TIC se doit d’être
efficace notamment vis-à-vis des exigences
économiques.
Un
autre aspect important à considérer lors de
l’élaboration de stratégies pour un
cyber-francophonie est
le fait que les ressources
digitales ne doivent pas être
considérées uniquement comme des outils utiles
à
l’E-Formation et à l’E-Apprentissage.
Les enseignants doivent pouvoir se servir
des ressources en question dans le but d’enrichir leurs
pratiques pédagogiques.
En sus de cela, ils doivent être capables de s’en
servir pour donner à leurs
étudiants des activités éducatives en
tant que complément à l’instruction
traditionnelle. En 2005, l’utilisation des ressources
digitales dans des
pratiques éducatives de haute facture toujours
réactualisées est un fait établi.
Un nombre croissant d’instructeurs cherche des moyens
d’améliorer leur enseignement
en utilisant les nouvelles technologies éducatives (NTE). Le
résultat est que
la qualité de l’enseignement se trouve grandement
amélioré de même que le
niveau scolaire des étudiants, des objectifs qui sont
particulièrement
sensibles à tous les niveaux. Le monde virtuel voit de plus
en plus de
ressources en français chaque jour qui passe et le besoin de
les organiser dans
un système d’héritage culturel est
impératif. Graduellement, nous assistons à
l’émergence de banques de données et
à la construction de sites spécialisés
dont le but est de toucher un maximum de personnes. Ces diverses
initiatives
conduisent à des bancs d’essais en temps
réels en ce qui concerne l’application
de standards. En effet, une problématique qui
était jadis l’apanage de chercheurs
et d’experts est, aujourd’hui, devenue une
réalité.
L’objectif
lié à la diffusion et à la
dissémination des contenus numériques par le
biais
des TIC prend une tout autre dimension dans le monde de la
francophonie. En
effet, l’adoption de certains standards ouvre un monde de
possibilités par
rapport au partage et à l’échange aussi
bien pour les pays déjà très
engagés
dans le développement de contenu multimédia pour
l’éducation que pour les pays
émergeants. Néanmoins, certains
écueils demeurent tels que le coût relativement
élevé des TIC ou la durée de vie de
ces technologies en question. Mais le pire
demeure que dans certains cas, les TIC ont tendance à
accentuer des fractures
sociétales en raison du déséquilibre
économique entre les pays du Nord et les
pays du Sud. Pour empêcher la création
d’un tel fossé, il est impératif que
les
agences tels que l’AUF ou l’UNESCO trouvent des
solutions au nom de la
circulation des savoirs au service d’une intelligence
collective.
Voilà
précisément pourquoi la Francophonie
doit prendre la place qui lui revient dans cette
société de l’information. La
Francophonie ne peut se contenter d’avoir une attitude
passive mais doit plutôt
se placer en tant que membre actif déterminé
à participer au futur de la
nouvelle société. Ce n’est
qu’à ce prix que les valeurs et les
intérêts qui
sont spécifiques aux 50 états et gouvernements
rassemblés autour d’une langue
qui leur est propre, seront pris en considération.
D’ailleurs, c’est justement
ce qui s’est passé à Hanoi en 1997,
lors du 7ème Sommet de la
Francophonie où un plan d’action a
été accepté. Cela a conduit
à la création
d’un «Fonds Francophone des Inforoutes».
Cependant, n’oublions pas, pour
autant, la création de TV5 en 1984 qui passe parfois pour le
premier pas vers
la réalisation d’une communauté
francophone mondiale. Aujourd’hui, les
nouveaux objectifs de la Francophonie
relatifs aux TIC sont clairs. D’ailleurs, la meilleure preuve
de la
détermination de la Francophonie pour élaborer
une stratégie de collaboration,
n’est-ce pas votre présence dans cet
amphithéâtre, ce matin ?