Contes et légendes traditionnelles dans l’édition congolaise (RDC) : influence ou frein au développement de la littérature ?

 

Les différents royaumes apparus au Congo depuis le XVe siècle (Kongo, Téké, Kuba, etc.…)  ont produit un patrimoine oral d’une grande richesse et d’une grande diversité : épopée (Lianja de l’ethnie mongo, les chants Kasala des Luba), contes, théâtre Nkundo et autres formes de littérature orale ont fleuri sur cette terre. Cette influence a été énorme dans les premiers temps de l’histoire littéraire du Congo dans la mesure où la poésie, les contes, les fables et le théâtre étaient les genres les plus encouragés pendant la période coloniale à travers les concours et l’édition. Que ce soit A.R BOLAMBA, Stéphane KAOZE ou BADIBANGA, beaucoup ont œuvré pour la conservation et la pérennité du patrimoine oral et ont servi de passerelles entre oralité et écriture. Sans oublier le rôle joué par les clercs indigènes dans la retranscription par les missionnaires des contes traditionnels.

 

Aujourd’hui, peu d’ouvrages locaux continuent de retranscrire ce riche terreau.

Pourtant, avec l’exode urbain, la disparition des langues vernaculaires (concurrencées par les langues nationales), il devient fondamental de conserver par écrit ce patrimoine qui, progressivement, perd de son sens pour les jeunes générations.

 

En RDC, peu d’écrivains ont su recréer leur langue coloniale en la tropicalisant. Le français écrit y reste invariablement classique, même quand il s’agit des contes ou des fables.

 

Ceci peut s’expliquer par un certain mimétisme de la part des écrivains congolais par rapport à l’occident, éternel pôle d'attraction.

 

On pourrait y voir également la continuation d’une forme de « sous-culture » coloniale, pour reprendre l’expression de Bernard MOURALIS, qui, en cultivant une certaine fascination pour l’occident, dévalorise et marginalise la culture autochtone.

 

L’écrivain congolais serait il le nouvel évolué de l’époque coloniale ?

Ce phénomène est d’autant plus curieux qu’il ne semble pas affecter d’autres formes d’expression artistique comme la danse et surtout la musique qui évolue sur un mode parfaitement autonome.

 

Christophe CASSIAU-HAURIE (France)

Paul TETE WERSEY  (République Démocratique du Congo)